EFBPA : Ecole Française de Boulangerie et pâtisserie Christian Vabret à Aurillac

Portrait de Nicolas Nayener, d’Aurillac aux USA

Portrait de Nicolas Nayener, d’Aurillac aux USA

    Description

    De son passage à Aurillac en 2015 aux laboratoires de R&D de Chicago aujourd'hui, le parcours de Nicolas Nayener a tout d’un beau virage de vie. Ancien élève de l’École Christian Vabret, il nous raconte comment une envie de croissant au Canada a déclenché une reconversion, puis une aventure professionnelle riche aux États-Unis. Aujourd’hui engagé, passionné et toujours animé par les valeurs de partage de la boulangerie, Nicolas revient avec sincérité sur son parcours, ses souvenirs d’école et le message qu’il souhaite transmettre à celles et ceux qui hésitent à se lancer.

    Est-ce que tu peux te présenter ?

    Je m’appelle Nicolas NAYENER, je vis aux Etats-Unis, à Chicago. J’ai fait l’école Christian Vabret en 2015 après une reconversion professionnelle. J’ai un parcours scolaire assez classique, J’ai d’abord obtenu mon BAC général puis un DUT en Gestion Administrative et COmmerciale. Ce qui m’avais attiré dans cette formation, c’était qu’elle ouvrait pas mal de portes et surtout la possibilité de faire un échange universitaire au Canada en fin de formation. Puis je suis rentré en France pour me former en boulangerie, à Aurillac….


    Tu fais quoi aujourd'hui concrètement ?

    Aujourd’hui, je suis manager de la recherche et du développement pour une grande compagnie sur le marché Amérique du nord. En fait, au quotidien, j’aide au support de l’industrie de la boulangerie/pâtisserie aux Etats-Unis. Cette société s’est développée dans les années 80 pour supporter le marché Français aux USA.

    Je suis particulièrement épanoui dans mon quotidien pro, car c’est un poste très polyvalent. Je travaille en laboratoire notamment sur la correction des farines, l’amélioration continue des produits etc. J’ai travaillé pendant 5 ans en France aux côtés d’artisans et actuellement ce poste m’apporte de véritables connaissances technologiques et innovantes très intéressantes à très grosse échelle de production.

    Le « déclic »

    Comment tu as connu l’École Christian Vabret et à quel moment tu t’es dit : « Ok, j’y vais » ?

    J’ai un parcours très orienté gestion et marketing à la base. Pendant l’échange d’études au Canada, « je me suis réveillé un dimanche et j’avais très envie d’un croissant ».

    J’ai vraiment eu du mal à trouver un croissant et je me suis dit, « il y a vraiment quelque chose à faire ». J’ai beaucoup réfléchi et j’en ai parlé à ma famille qui m’a apporté tout son soutien. Puis j’ai fait mes propres recherches en rentrant en France. Je suis tombé sur tout un tas d’Ecoles et celle qui m’a le plus attiré est l’Ecole Christian Vabret à Aurillac. J’y suis allé « à l’instinct ».

    Qu'est-ce qui t'a donné confiance dans cette Ecole plutôt qu'une autre ? 

    Ce qui m’a fait me décider vraiment, c’est la valorisation de l’humain qui ressortait en premier (« En fait, l’école avait l’air d’être la plus sympa de toutes »). Donc, j’ai préparé mon dossier de candidature pour le CAP Boulanger. Je n’ai fait qu’une seule candidature... Après étude de mon dossier, j’ai reçu un refus de l’Ecole car les sessions étaient complètes pour les 2 années à venir… J’ai donc chercher un petit boulot alimentaire pour patienter jusqu’à la prochaine session, et puis j’ai eu la chance de recevoir un petit coup de pouce du distincts. L’Ecole m’a recontacté en décembre car un apprenant s’était cassé le bras et était contraint de quitter la formation. 10 minutes plus tard je faisais littéralement mes valises pour Aurillac.

    Je suis également tombé sur une interview de Pascal Ribaud qui a ouvert sa boulangerie au USA et qui a importé le croissant aux Etats-Unis. Ce qui m’avais marqué c’est qu’il avait lui aussi un parcours atypique, il avait fait une école de commerce avant la boulangerie, comme quoi !

    La vie à l'Ecole

    Quand tu repenses à l’École, c’est quoi la première chose qui te vient ?

    Si je devais choisir un seul souvenir c’est l’hospitalité et la gentillesse des équipes. Je venais d’une région très différente et quand je suis arrivé dans le Cantal, j’ai eu le droit à un super accueil. Je me souviens du grand soleil, de la truffade, de l’accent des gens, de la gentillesse des équipes. On m’a même soutenu et aidé pour trouver un logement. J’ai beaucoup de souvenirs de cette époque, mais vraiment l’accueil et la gentillesse des équipes étaient top !

    L’ambiance à l’Ecole, tu la décrirais comment ?

    C’était génial !!! Cette expérience d’Aurillac, je la garde vraiment dans ma mémoire. L’ambiance, la promo, tout était top. Je me souviens d’hommes et de femmes passionnés, qui ont vraiment envie d’apprendre. Le fait aussi d’être exclusivement avec des adultes qui ont un projet de reconversion très concret était très propice à la bonne entente et le bon fonctionnement des promos.

    Je me souviens notamment de Jean-Marc Mortier, un chef d’entreprise d’une dizaine de salarié, qui avait envie de tout recommencer et d’apprendre un nouveau métier. La richesse et la diversité des parcours sont vraiment passionnantes.

    Je me souviens aussi des formateurs, très professionnels, très précis et très bons boulangers. Toujours avec de superbes anecdotes.

    Il y a un moment qui t’a vraiment marqué pendant ta formation ?

    Carrément !! Bon ce n’est pas forcément très positif, mais ça compte ! Je venais d’un milieu étudiant, et dès la première journée, on a commencé la pratique. Il a fallu rester debout toute la journée. Hyper intense…

    J’ai quand même un moment unique gravé, et positif cette fois : une démonstration de Christian Vabret (fabrication de pain à la bière et de tarte à la tome) dans l’amphithéâtre. Ça vraiment, ça restera, c’était vraiment « la classe ». On était tous en admiration devant Christian. C’était vraiment l’image de l’excellence que je me faisais de ce milieu.

    Ce que ça t'a apporté 

    Qu’est-ce que tu as le plus appris à maîtriser ?

    La rigueur et l’excellence ! C’était l’une des raisons pour laquelle j’avais choisi l’Ecole, parce qu’il y avait Christian Vabret (MOF Boulanger). J’ai toujours visé la perfection, ce que j’ai vraiment retrouvé à l’Ecole avec l’excellence par Christian VABRET, portée totalement par les formateurs.

    Le côté artistique de la boulangerie m’a également beaucoup marqué et m’a beaucoup plu. Je ne savais même pas, à l’époque, tout ce qui était possible de faire en décors artistiques…

    Après l’École

    Juste après la formation, après l'obtention de ton diplôme, il s'est passé quoi pour toi ? 

    Après l’obtention de mon CAP Boulanger, j’ai continué à me former auprès d’autres professionnels. J’ai notamment passé un Brevet Professionnel aux côtés de Sebastien Chevalier, MOF Boulanger. J’ai ensuite découvert EUROPAIN puis la Coupe du Monde de la Boulangerie. J’étais fasciné, réellement.

    10 ans plus tard, je participe à cette même Coupe du Monde avec l’équipe des États-Unis.

    « Made in France, assembled in the U.S ». Oui, je suis né en France, mais là où je me plais c’est aux USA, et c’était un grand honneur de porter leurs couleurs à la Coupe du Monde de la Boulangerie 2026.

    De quoi tu es le plus fier dans ton parcours ? 

    L’expérience la plus puissante c’était cette participation à la Coupe du Monde, qui est en fait une conséquence de plusieurs choses… mais le réel déclencheur c’est bien l’obtention de mon diplôme et mon passage à l’Ecole Christian Vabret.

    Tout au long de mon parcours, j’ai eu la chance de faire pleins de choses différentes. Aujourd’hui, je suis aussi fier de faire et de distribuer des sandwichs ou des cookies pour les sans-abris de Chicago. J’essaie de donner au maximum à la communauté grâce à la boulangerie.

    Le message pour les futurs apprenants

    Si tu parlais à quelqu'un qui hésite à se lancer, tu lui dirais quoi ? 

    Je lui dirais que « c’est normal d’hésiter, mais qu’en fait, il ne faut surtout pas ». On ne se rend pas compte de ce que peut nous réserver et nous apporter la vie grâce à nos expériences.

    Ce n’était pas inné chez moi, j’ai vraiment appris à tomber amoureux de ce métier, et de tous les débouchés qui s’offrent à nous dans ce métier-là grâce à cette formation.

    Il faut se lancer, on finit toujours par y trouver un sens. C’est un grand pas à faire, mais il faut y aller, ça vaut vraiment le coup !

    J’aimerai citer un auteur assez représentatif de ma philosophie de vie - Paulo Coelho - qui m’inspire personnellement et qui fais beaucoup échos à mon parcours. Finalement c’est assez simple : « il faut faire confiance à la vie ».

    Un mot pour terminer ? 

    « On est tous dans le même bateau ». Finalement faire toutes ces expériences, l’Ecole Christian Vabret, devenir boulanger, voyager, se former, participer à la Coupe du Monde, pour moi, ça montre une seule et unique direction à poursuivre et à faire vivre tant que possible : respect, sourire, bonne humeur, partage, entraide, au sein d’une même grande et belle famille, celle de la BOULANGERIE.

    Je ne regrette absolument pas d’avoir fait ce choix de la reconversion professionnelle à l’Ecole Christian Vabret pour tout ce que j’ai vécu, et ce que je vis encore. »

    Un grand merci à Christian Vabret, pour qui j’ai un profond respect. Et un grand merci également à l’Ecole Christian Vabret Boulangerie | Pâtisserie.